mercredi 20 juin 2018

Pour mémoire



Il s'en passe, des choses, en ce moment. Beaucoup. Et si j'ai besoin de les consigner, c'est peut-être parce qu'il...le faut. Retenir tous ces petits moments, qui pourraient sembler anodins, les conversations entre deux portes, ce qu'on se murmure par textos, les bisous des copines, les emmerde(ur)s et les petites victoires. Comme si tout allait trouver son sens. En vrai, je n'écris pas tout, je sais que je n'oublierai pas. L'indicible fatigue du printemps, les limites physiques qu'on croit atteindre et le corps qui sait s'il peut continuer ou pas. Ceux qui font que tout va mieux, juste parce qu'ils sont là. Les instants et les émotions qui se traduisent en mots, qu'on fredonne ou qu'on dessine. Les questions qu'on se pose, et si, et pourquoi? Des envies d'ailleurs, mais la trouille de se lancer. Cette petite idée folle qui devra attendre, penser plus loin que demain. L'impatience et le manque. La gorge serrée quand on réalise que de grands changements se profilent. Celles qui ont autant peur que moi de ce qui va nous arriver et les promesses qu'on n'a pas besoin de se faire. Je retiendrai cette discussion avec la psychologue scolaire et le directeur de l'école, chacun y allant de son conseil pour m'aider à trouver un amoureux. Je me souviendrai que ça m'a amusée de les voir débattre au sujet de ma solidité effrayante. Et un peu touchée, aussi, parce qu'ils m'ont dit de jolies choses, ce jour-là. Dans la liste à ne surtout pas oublier, il y aura la musique de merde sur laquelle on chante faux dans la voiture, les cachotteries pour organiser des enterrements de vie de célibataires, la découverte d'une cave sous l'école, la dernière soirée là-bas qu'on prépare avec soin. Les regards entendus. Les tensions et les mauvais moments, conneries de cour de récré auxquelles je ne veux pas être associée, ils creuseront peut-être des rides mais ils font partie de l'histoire. La douleur de l'absence, ceux dont je n'ai pas de nouvelles, renoncer la mort dans l'âme. Je ne veux rien oublier. Pas même les évènements les plus infimes, futiles, de nouvelles chaussures, les cartes postales de Naples qui ont fait un voyage de six semaines avant d'arriver, des essayages pour un mariage. Ce samedi de juin, le premier sans rien de prévu depuis bien longtemps, la lumière dorée de la fin d'après midi, une balade en ville après une longue sieste. Il faudra aussi retenir cette étrange énergie qui bourdonne dans mon ventre mais qui, pour une raison que je n'explique pas encore, peine à sortir de mes mains. Retenir ça, et tout le reste. Parce que c'est encore un peu confus. Parce que ça me semble indispensable.

S. 

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