Partir le jour de mes 36 ans, direction la Costa Brava. Se relayer pour conduire, apprendre aux trois-quarts du chemin que la maisonnette réservée avait été annulée, garder notre sang-froid et booker un autre appartement depuis une aire d'autoroute.
S'installer sur la terrasse, d'où l'on voyait la mer, et prendre le temps. Elle a dessiné, j'ai relu L'arbre aux haricots. Se créer des rituels, mon verre aux poissons, ton côté du lit. Pique-nique, randonnée, regarder une comédie romantique en comptant les étoiles.
Parler d'amour, évidemment, et de ces schémas sociétaux dont il est parfois difficile de se défaire. Se faire une tisane, envoyer des photos aux copines.
Rire aux éclats, quand j'ai trouvé le moyen de m'assoir sur une fiente de mouette, suer à grosses gouttes en direction du château, picorer des tapas. Fredonner. Chiller. En apprendre encore sur nous. Ce qui m'angoisse, ce dont on rêve. Questionner notre rapport à l'autre, au corps, au temps. Cheveux sales, marques de bronzage, les yeux au ciel face au miroir. Priorités, valeurs, attitude au monde, ce qui fait de nous, nous. Définir des relations, se souvenir que certaines ont besoin de temps pour se tisser, se tricoter, se construire solidement.
Le dernier soir, retrouver le numéro trois de notre quatuor le temps d'une crêpe et se dire que la prochaine escapade, c'est au complet qu'on la fera.
S.

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