D'abord, il y a les répétitions. Entre deux passages, les langues se délient autour des victuailles que l'on partage et des costumes que l'on apprivoise. On teste le maquillage, on fond devant l'air sérieux des enfants, on découvre les danses des autres cours, on se reconnait. Il y a dans le cours de hip-hop un jeune homme aux yeux bleus. En 2010, tout juste diplômée, j'ai été sa maitresse de petite section. On râle un peu, on tâtonne on recommence. On apprend le chant qui clôturera le spectacle, on s'entraine à saluer en rythme.
Le jour J, je sais qu'il faut profiter de chaque instant, la journée sera longue mais passera trop vite. On s'installe en coulisses, on s'assoit juste le temps de se faire maquiller, puis on s'active en cuisine, il y a 600 repas à servir en peu de temps. Je croise quelques visages connus dans la salle, je grignote, avec les doigts, évidemment, un pilon de poulet mariné sauvé in extremis de la dernière marmite. Il faut encore préparer des assiettes alors que, à demi nue dans la cuisine, j'allais enfiler mon premier costume. Et puis soudain, tout s'accélère et s'apaise à la fois. Les marmites sont refermées, on s'échauffe, on s'encourage. Le public applaudit, les lumières envahissent la scène, on se laisse embarquer par l'énergie collective. On danse, on danse, on se sourit, on savoure. En coulisses c'est joyeux, sur scène c'est le feu. Mon sac bien ordonné déborde vite de vêtements froissés et pleins de sueur et c'est enfin, après des mois de répétition et deux heures de spectacle, notre morceau de bravoure. Ce ballet rapide et intense qui nous voit arriver sur scène coiffés de doré et brillants dans le noir ne dure que quelques instants mais est un régal absolu. Nous montons sur scène sous les hourras des autres danseurs. Portés par l'adrénaline et le plaisir de danser avec notre prof, nous sommes en parfaite connexion avec les musiciens et réalisons une incroyable performance. Et puis, le chant final a rassemblé une centaine de personnes sur la scène, le poing levé. Je n'étais sans doute pas la seule à avoir les larmes aux yeux.
Enfin, il y a les stages du lendemain. On a de petites mines, pour ne pas dire l'air épuisé, mais de nouveau la magie de la danse opère. Le son et les pas sont différents de ce qu'on connait, on sort un peu de notre zone de confort. On prend du plaisir, et c'est tout ce qui compte.
En 2010, tout juste diplômée, je me suis inscrite à un cours de danse africaine.
SM.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire